
Quand on t’a rencontré Christophe, on était très impressionné.
« Mon dieu que ce type est grand ! »
Non seulement tu avoisinais les 2 mètres mais en plus, on venait de voir ton spectacle « Naz » au Festival d’Avignon et on s’était pris une claque. L’extrême droite par le côté intime… Avec un comédien hors du commun, Henri, ton ami proche. Tout était grand là-dedans, énorme, puissant.
Et pourtant, nous étions au Théâtre de la Rotonde, un lieu humble et populaire animé par les cheminots.
Ensuite, on a découvert que ta cie s’appelait « Sens Ascensionnels » et là on a tout compris. « Ce gars, il n’a peur de rien, il voit les choses en grand ».
Et ça nous a donné envie. Envie de bosser avec toi sur notre prochaine création. Et tu as tout de suite dit oui. Notre spectacle devait parler des petits, des gosses qui traînent leurs cartables pour aller à l’école.
« Avec joie », t’as dit. « Votre projet, il me plaît.«
C’est comme ça que l’aventure a commencé.
Le texte n’était pas du tout fini, on galérait un peu mais tu as continué à nous faire confiance, tu nous attirés vers le haut.
Petit à petit, l’amitié a poussé.
Tu es venu chez nous à Veynes, et tu as aimé cette petite ville de montagne, elle te reposait.
On a mis Blanche dans la neige et Sophie sur des skis, ta famille et les nôtres toutes mélangées. Les liens se sont scellés.
Et puis on s’est retrouvé, à Avignon, presque chaque été, dans le tralala du festival. Notre Q.G : le Théâtre de la Bourse du Travail CGT ! Avant tout le monde, tu partais le matin boire ton café dans un bar de quartier. Tu lisais l’Equipe avant d’affronter le public et de leur proposer tes spectacles, de table en table. Pas comme un commercial, non. Toi, tu privilégiais la rencontre, tu prenais le temps avec les gens. Et tu remplissais ta salle…
« Mon dieu que ce type est grand« , on se disait.
Son courage est grand. Sa générosité est grande. Son talent est grand ! Et si on faisait venir ses spectacles chez nous ?
Alors tu as débarqué à Veynes avec comédien-ne-s et techniciens… Que de beaux moments de théâtre ! Tes amis sont devenus nos amis. Une famille grande, avec des valeurs grandes : pour un théâtre populaire, politique et émancipateur !
Mais comme tu le disais toi-même, « la vie penche drôlement parfois« .
Aujourd’hui, va falloir continuer sans toi, pour l’instant ça nous laisse sans voix.
Mais t’inquiète pas on va se ressaisir. On a compris la leçon, faut voir les choses en grand, demander l’impossible. Avec joie si possible.
Merci pour tout Papa Fritz






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